Laufende Forschungen

Ausgabe 10

C'est avec tristesse...

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Guillaume Gladieux

«A l’est du bâtiment, une chambre d’isolement est réservée aux mourants, dont la porte est interdite aux vieux sous prétexte de les préserver, de les ménager. [...] Aux alentours immédiats règne un climat de mystère. L’affaire ne doit surtout pas s’ébruiter. Aussi longtemps que possible, elle doit être tenue secrète des pensionnaires, auxquels on n’hésite pas à raconter des mensonges s’ils se font trop pressants. [...] Tout se passe comme s’il fallait absolument éviter les effets de dramatisation susceptibles de mettre en péril l’ordre établi. Si bien que la mort n’est évoquée directement qu’entre les membres du personnel.» (Alber/Bettosini 1984: 26)

Vingt ans après ce constat, comment l’intrusion de la mort est-elle gérée par les institutions d’hébergement collectif pour personnes âgées? Dans les montagnes neuchâteloises – il faudrait une enquête comparative plus large pour pou- voir étendre cette hypothèse à d’autres régions –, diverses formes de mises en paroles et en gestes semblent avoir émergé, des plus «simples» (un petit «autel» dressé à l’occasion d’un décès dans un EMS [Etablissement médico-social] du Locle) à des ensembles de procédures collectives plus complexes, telles celles que j’ai pu observer au «Foyer», un home médicalisé situé à La Sagne. En effet, lors- que l’un ou l’une des pensionnaires du Foyer décède, le service d’animation organise une séance appelée recueillement, qui prend place en fin de matinée, le jour même ou dans les jours qui suivent le décès.