Rezensionen

Ausgabe 11

Compte-rendu: Pratiques du patrimoine et politiques de la mémoire en Jordanie.

Entre histoire dynastique et récits communautaires

Maffi Irene

Seite 144
Sébastien Boulay

Cet ouvrage écrit par Irene Maffi est la publication de sa thèse de doctorat en anthropologie, soutenue à l’Université de Lausanne en 2003. Il porte sur les pratiques de construction du patrimoine et de l’histoire en Jordanie, avec un regard appuyé sur le rôle de l’Etat, considéré d’emblée par l’auteure «comme l’acteur principal dans tout processus de patrimonialisation» (p. 17). I. Maffi , qui mène ses recherches en Jordanie depuis 1997, s’interroge sur le sens que la dynastie hachémite au pouvoir, d’une part, et les différentes communautés du pays (Transjordaniens, Palestiniens, Circassiens, Tchétchènes, Arméniens, etc.), d’autre part, assignent aux vestiges du passé, «afin de se définir et de se situer les uns par rapport aux autres» (p. 14). Une telle problématique a toute sa pertinence dans le contexte d’un Etat jeune, né en 1949, amputé de la Cisjordanie après la Guerre de juin 1967 et constitué de groupes ethniques et de communautés religieuses différents. La question, sous-jacente, à laquelle le livre tente également de répondre est celle de la greffe du concept occidental de «patrimoine» en Jordanie et plus largement au Mashrek.