Bild-Essays

Ausgabe 12

Les gueules noires du Baloutchistan

Regards sur la migration afghane au Pakistan

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Alessandro Monsutti

Mon premier véritable contact avec des Afghans remonte à 1993. De juillet à octobre, un groupe de quatre étudiantes et de deux étudiants de l’Institut d’ethnologie de Neuchâtel dont je faisais partie a effectué un séjour de recherche à Quetta, la capitale du Baloutchistan pakistanais, sous la direction de Pierre Centlivres et de Micheline Centlivres-Demont. Notre but général était d’étudier les processus migratoires et l’intégration des Afghans qui avaient quitté les camps de réfugiés pour s’établir en milieu urbain. J’avais prévu de travailler plus spécifiquement sur la dimension politique des pèlerinages religieux, mais le hasard des rencontres me conduisit à visiter les mines de charbon de la région. Cette expérience fut déterminante pour moi et réorienta toutes mes recherches futures, qui portèrent dès lors sur les réseaux migratoires des Hazaras, un groupe minoritaire originaire du centre de l’Afghanistan bien représentés parmi les mineurs. Vu le rôle que cette première rencontre avec les gueules noires du Baloutchistan a joué dans mon itinéraire personnel, j’ai conçu cet article comme un hommage visuel à leur courage.