Dossier

Ausgabe 12

Maternité et handicap mental

Le regard paradoxal des professionnel·le·s

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Christine Gruson

En France, s’il est une expérience de parentalité qui relève d’un impensé, c’est bien celle de l’expérience de maternité conjuguée au handicap: comme pour toute maternité vécue en situation extrême, elle favorise des points de vue souvent excessifs de part et d’autre, lesquels témoignent du tiraillement permanent entre eugénisme et respect des décisions des mères handicapées (Moyse 1998; Diederich 1998a, 1998b, 2000). Etiquetées, ces dernières sont encore objet de discours alarmistes bien que les personnes en situation de handicap défendent désormais leur droit à la vie avec leurs différences (Mériau 2003; Siegrist 2006)1. Sur le plan institutionnel et dans le champ de l’action sociale, les grandes lois d’intégration (Loi d’orientation de 1975, Rapport Lasry en 1982, Lois de janvier 2002 et de février 2005)2 ainsi que la dynamique d’ouverture des institutions d’accueil spécialisées leur ont permis de bénéficier de conditions d’existence dans la communauté qui se rapprochent des conditions ordinaires. Mais pour les personnes en situation de handicap mental, être parent se révèle être une situation complexe sur le plan légal: on considère qu’elles sont responsables de leurs enfants, mais qu’elles ne le sont pas, par exemple, de leur propre patrimoine.