Laufende Forschungen

Ausgabe 17

L’ «ébauche» du geste

Apprentissage horloger et (trans)formation des corps

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Hervé Munz

La thèse de doctorat que j’effectue actuellement à l’Institut d’ethnologie de l’Université de Neuchâtel s’inscrit dans le cadre d’un projet de recherche interdisciplinaire intitulé «Le patri- moine culturel immatériel: le don de Midas?». Lancé en 2009 et financé par le Fonds National de la Recherche Scientifique, ce projet questionne les enjeux liés à la mise en place de la Convention UNESCO pour la sauvegarde du patrimoine culturel immatériel (ci-après Convention), dans le contexte suisse. Cette Convention a été adoptée par la Conférence générale de l’UNESCO en 2003 et définit le patrimoine culturel immatériel (PCI) comme «les pratiques, représentations, expressions, connais- sances et savoir-faire – ainsi que les instruments, objets, artefacts et espaces culturels qui leur sont associés – que les communautés, les groupes et, le cas échéant, les individus reconnaissent comme faisant partie de leur patrimoine culturel» (UNESCO 2003: 2). Elle précise, en outre, que «transmis de génération en génération, [le PCI] est recréé en permanence par les communautés et groupes en fonction de leur milieu, de leur interaction avec la nature et de leur histoire, et leur procure un sentiment d’identité et de continuité» (2003: 2). Il est souligné, par ailleurs, que ce patrimoine se manifeste dans cinq catégories de «domaines» dont l’une d’elles comprend les «savoir-faire de l’artisanat traditionnel». Dans le cadre de mon travail de thèse, j’interroge cette catégorie en la mesurant à une activité technique qui s’exerce sur le territoire suisse et se voit régulièrement présentée par les pouvoirs publics, les représentants du tourisme et les firmes comme une «tradition» nationale et comme un témoin de la qualité du «savoir-faire suisse», à savoir l’horlogerie.