Laufende Forschungen

Ausgabe 18

Action, Bed & Breakfast

Vers une institutionnalisation des rapports sociospatiaux au sein des mondes du graffiti train-writing en contexte européen

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Marc Tadorian

Je suis français et je vis à Paris, je ne me souviens pas comment j’ai commencé le graffiti, certainement à l’école, vers 1988, quand j’avais 12 ans. A ce moment, tout le monde faisait des tags 1, c’était la mode. Disons que j’ai réellement commencé à pratiquer en 1994. Avec quelques potes, j’ai vite rejoint un groupe très actif: les SDK. […] Nos lignes favorites étaient le RER A et St Lazare [la gare]. Tout notre travail se concentrait sur ces deux lignes. La journée idéale était de commencer par la A au petit matin, prendre des photos vers 8 heures, aller dormir un peu, faire un métro vers midi, prendre les photos à l’heure de pointe, se poser en fumant quelques joints le reste de la journée, et préparer les bombes pour le plan de nuit, sur St Lazare. […] Après cinq ans de bons et loyaux services, je trouvais Paris cool, mais je commençais à tourner un peu en rond. J’avais cette grande carte de l’Europe dans mes chiottes et je méditais dessus à chaque fois que j’allais pisser. Je me demandais à quoi ressemblaient les différents systèmes ferroviaires, à Berlin, Copenhague, London, Stockholm. Plus j’y pensais, plus l’idée de voyager se faisait pressante. C’était le moment de découvrir de nouveaux horizons, de nouveaux trains, de rencontrer de nouvelles personnes… d’exporter mon nom.