Laufende Forschungen

Ausgabe 20

Définir la danse contemporaine

Un enjeu d’identités collectives

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Claire Vionnet

C’est en 2008 comme serveuse au bar du Théâtre Sévelin 36 à Lausanne que j’ai débuté mon apprentissage de la danse contemporaine pour mon travail de master. Attirée par «l’exotisme» qui se dégageait de ce milieu alors non familier, j’ai «planté ma tente» au Théâtre Sévelin 36, épicentre de la communauté dansante, pour en faire mon «village ethnographique». Après une première période de terrain achevée en 2011, je suis devenue une danseuse-amatrice et une spectatrice accoutumée. Afin de poursuivre mon investigation dans le cadre de ma thèse, j’ai opté pour les coulisses de la mise en scène. Ainsi, ma recherche actuelle interroge la mise en scène des corps dansants à partir d’une ethnographie des processus de création. Face à l’hétérogénéité des esthétiques scéniques, j’ai circonscrit mon terrain à trois «chorégraphes» installés à Lausanne et Berne dont le travail est proche de la performance, et qui font de la gestuelle une recherche secondaire. Les créations auxquelles j’ai assisté mettent en évidence le corps dans ses «limites», le confrontant à ses altérités. Tantôt mort, revenant, fantôme, monstre, esprit, avatar virtuel, le danseur revêt des formes «au-delà de l’apparence humaine». Ce terrain génère des interrogations sur la relation que les humains entretiennent avec leurs altérités et la production scénique d’«entités fantasmagoriques».