Ethnographier les affects: captures, résistances, attachements

Introduction au dossier

  • Carine Plancke Ghent University
  • Valerio Simoni Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID)
Keywords: ethnography, affect, resistance, attachment

Abstract

Intensité viscérale et vitale, l’affect s’est imposé comme sujet d’étude en sciences sociales durant la dernière décennie au point de déclencher un «tournant affectif» (Clough et al. 2007). L’enjeu de ce numéro est d’explorer l’intérêt de développer cette thématique en anthropologie et le potentiel des ethnographies de l’affect ou, plus précisément comme nous le suggérons, des affects. Nous allons dans un premier temps situer l’émergence d’un intérêt en sciences sociales pour le thème de l’affect, puis, dans un deuxième temps nous esquisserons les critiques anthropologiques à l’encontre du courant affectif. Celles-ci concernent principalement la définition de l’affect en opposition au langage et à la subjectivité humaine. Sa présentation en tant que catégorie unitaire et abstraite qui minimise toute contextualisation historique et socioculturelle est aussi visée car elle ne permet pas une prise en compte de conceptualisations emic.

 

Author Biographies

Carine Plancke, Ghent University

Carine Plancke a soutenu une thèse en Ethnologie et anthropologie sociale en cotutelle à l’Ecole des hautes études en sciences sociales à Paris et à l’Université de Leuven. Actuellement, elle est postdoctorante au Centre de recherches sur la culture et le genre (CRCG) de l’Université de Gand et membre affiliée du Laboratoire d’anthropologie sociale à Paris. Ses articles ont été publiés dans des revues internationales à comité de lecture, telles que Africa, Cahiers d’études africaines, Anthropologie et sociétés, Social Analysis et Journal of the Royal Anthropological Institute. Elle est également l’auteure d’une monographie intitulée Flux, rencontres et émergences affectives: pratiques chantées et dansées chez les Punu du
Congo-Brazzaville, parue en 2014 aux Éditions Mirail de Toulouse.

Valerio Simoni, Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID)

Valerio Simoni est chercheur senior au Département d’anthropologie et sociologie et au Global Migration Centre de l’Institut des hautes études internationales et du développement (IHEID) à Genève. Il a publié plusieurs articles dans des revues internationales d’anthropologie et d’études du tourisme, parmi lesquelles Anthropological Theory, The Cambridge Journal of Anthropology, et le Journal of Tourism and Cultural Change, ainsi que l’ouvrage Tourism and Informal Encounters in Cuba (Berghahn Books, 2016). Menant des recherches ethnographiques à Cuba et en Espagne, il s’intéresse dans son travail aux thèmes de l’intimité, de la pratique économique, de la moralité, du tourisme, de la migration, ainsi que du transnationalisme et de la globalisation.

Published
2018-05-01
How to Cite
Plancke, Carine, and Valerio Simoni. 2018. “Ethnographier Les Affects: Captures, résistances, Attachements: Introduction Au Dossier”. TSANTSA – Journal of the Swiss Anthropological Association 23 (May):4-13. https://doi.org/10.36950/tsantsa.2018.18.7284.