Comptes rendus

La rubrique «comptes rendus» cherche à faire connaître des publications d’ouvrages scientifiques récents qui représentent selon l’auteur-e un intérêt méthodologique, épistémologique ou théorique pour la réflexion anthropologique. Les auteur-e-s et les éditions sont accepté-e-s tous azimuts. Toutefois, la revue Tsantsa cherche aussi à promouvoir les publications éditées en Suisse ou provenant de cercles académiques helvétiques.


Pour la prochaine édition de Tsantsa (2019), des comptes rendus pour les livres suivants sont attendus:

Cet ouvrage revisite la « question carcérale » en décortiquant ses enjeux contemporains. En Suisse comme en Europe, la délinquance juvénile attise les sensibilités publiques et nourrit les discours sécuritaires. Parallèlement, les mineur e s sont progressivement reconnus comme des sujets de droit, dont il faut protéger l’intégrité physique et morale. Ce contexte politique et moral contraint les institutions d’enfermement à garantir plus de « dignité » dans la vie quotidienne des jeunes (réduction des temps d’encellulement, prise en charge pluridisciplinaire), tout en imposant davantage de « fermeté » (renforcement des aménagements sécuritaires, sanctions disciplinaires).

Les auteur-e-s explorent cette ambivalence à partir d’une enquête de terrain réalisée dans un centre éducatif fermé de Suisse romande. Comment les acteurs professionnels s’approprient-ils leur espace de travail ? Quelle raison d’être confèrentils à leur mission professionnelle ? L’ouvrage analyse les rivalités de territoires, met en évidence la diversité des conceptions éducatives et les différents rapports de l’institution à l’environnement extérieur. Il s’attache ainsi à saisir les formes de recomposition de l’économie morale de l’enfermement des jeunes. Cette analyse sociologique de la justice pénale des mineur e s « par le bas » souligne combien les pratiques de l’État, dans cet univers particulier, s’expriment d’abord par le travail de ses agents.

The time to come – as well as the exploration thereof – remains elusive for social actors and social scientists alike. The contributors accept the challenge to depict young men and women's future-creating activities in urban contexts of sub-Saharan Africa. Very consciously, they study young graduates having obtained a university degree and provide a vivid picture of their strategies to socially grow older by doing adulthood in contexts of great uncertainty.
The examples include Burkina Faso, Guinea, Ethiopia, Mali and Tanzania, visually enriched through pictures taken by young Malian photographers.

-Mana: A History of a Western Category
Meylan Nicolas
2017. Leiden: Brill. ISBN 978-90-04-34924-7. 205p.

In Mana: A History of a Western Category Nicolas Meylan proposes a critical account of Western imaginations of mana, a word belonging originally to Oceanic languages but borrowed by European languages in which it acquired the meaning ‘supernatural power.’ While mana is best known for its tenure in the disciplines studying religion, Nicolas Meylan situates such academic uses in a wider context, analyzing the ways Westerners conceptualized mana in the earlier colonial context as well as its mobilizations in the late 20th and early 21st centuries by (video)game designers and Neo-Pagan witches. This focus on various Western uses of mana allows for the critical investigation of the ways power has been mystified in conjunction with religion.

«Bodies of Truth offers an intimate account of how apartheid victims deal with the long-term effects of violence, focusing on the intertwined themes of embodiment, injury, victimhood, and memory. In 2002, victims of apartheid-era violence filed suit against multinational corporations, accusing them of aiding and abetting the security forces of the apartheid regime. While the litigation made its way through the U.S. courts, thousands of victims of gross human rights violations have had to cope with painful memories of violence. They have also confronted an official discourse claiming that the Truth and Reconciliation Commission of the 1990s sufficiently addressed past injuries. This book shows victims' attempts to emancipate from their experiences by participating in legal actions, but also by creating new forms of sociality among themselves and in relation to broader South African society.
Rita Kesselring's ethnography draws on long-term research with members of the victim support group Khulumani and critical analysis of legal proceedings related to apartheid-era injury. Using juridical intervention as an entry point into the question of subjectivity, Kesselring asks how victimhood is experienced in the everyday for the women and men living on the periphery of Cape Town and in other parts of the country. She argues that the everyday practices of the survivors must be taken up by the state and broader society to allow for inclusive social change in a post-conflict setting.»

«This region - which marks the meeting of China and post-Soviet Central Asia - is increasingly important militarily, economically and geographically. Yet we know little of the people that live there, beyond a romanticised 'Silk Road' sense of fraternity. In fact, relations between the people of this region are tense, and border violence is escalating - even as the identity and nationality of the people on the ground shifts to meet their new geopolitical realities. As Steven Parham shows, many of the world's Soviet borders have proved to be deeply unstable and, in the end, impermanent. Meanwhile, the looming presence of Modern China and Russia, who are funneling money and military resources into the region - partly to fight what they see as a growing Islamic activism - are adding fuel to the fire. This lyrical, intelligent book functions as part travelogue, part sociological exploration, and is based on a unique body of research - five months trekking through the checkpoints of the border regions.
As China continues to grow and become more assertive, as it has been recently in Africa and in the South China Seas - as well as in Xinjiang - China's borderlands have become a battleground between the Soviet past and the Chinese future.»

"Travail, famille, patrimoine : ce triptyque souligne l’idéologie qui prévaut dans les très petites entreprises familiales. Chacun(e) participe par son travail et selon ses possibilités au développement d’un patrimoine commun, sans toujours bénéficier d’un statut ou d’une protection sociale. Mais quand la famille est ébranlée par une rupture de trajectoire (divorce, accident, décès), les personnes se trouvent exposées à des risques qui ont rarement été anticipés. Basé sur une enquête menée auprès des entrepreneurs de l’Arc jurassien, cet ouvrage lève le voile sur un monde où l’équilibre entre les impératifs du travail et ceux de la vie de famille est constamment mis à l’épreuve."

"Cet ouvrage retrace un modèle de patrimonialisation de la mémoire de l’esclavage. Il retrace l’histoire de la montagne du Morne Brabant connue pour avoir servi de refuge aux esclaves marrons durant l’histoire coloniale mauricienne et montre avec précision comment ce rocher immense surplombant l’océan Indien, a été inscrit au Patrimoine mondial de l’UNESCO en juillet 2008. En une décennie, il s’est imposé comme un lieu culturel et politique incontournable, passant de l’anonymat à une reconnaissance internationale.
Cet ouvrage pose des questions qui traversent toutes les sociétés confrontées à la mémoire de l’esclavage. A travers une enquête précise et détaillée, l’auteure analyse comment des lieux peuvent devenir des « ressources » identitaires? Quelle est la place réelle de la mémoire de l’esclavage dans ce processus? Comment la patrimonialisation de cette mémoire a pu s’imposer dans la société mauricienne, segmentée selon les origines culturelles? Quels sont les limites et les problèmes engendrés par l’attribution du label de Patrimoine mondial de l’UNESCO à ce « lieu de mémoire »?
Le destin du Morne souligne toute la complexité, pour les Créoles mauriciens, d’avoir « l’esclavage en héritage ». Il révèle les résistances et les tabous vis-à-vis de cette histoire et montre les mécanismes qui produisent, parfois, une écriture mythifiée des origines.
Autant de questions qui s’adressent à l’ensemble des sociétés qui sont confrontées à leur mémoire et pour lesquelles le cas de l’Ile Maurice est un exemple emblématique."

D'autres ouvrages nous ont été proposés par des éditeurs et peuvent faire l'objet d'un compte rendu, vous trouverez la liste ici.

Si vous êtes intéressé-e à écrire un compte rendu ou si vous souhaitez proposer un ouvrage pour un compte rendu, veuillez vous annoncer aux responsables de la rubrique:

DE / EN: Laura Affolter : laura.affolter@anthro.unibe.ch
FR / EN: Sylvain Besençon: sylvain.besencon@unifr.ch